Les déclarations de Rafael van der Vaart sur les joueurs binationaux ont de quoi faire réagir… et surtout de quoi interroger. Affirmer que « les Marocains qui ne sont pas assez bons aux Pays-Bas finissent par jouer pour le Maroc », tout en insinuant que seule une exception comme Hakim Ziyech aurait eu le niveau de la sélection néerlandaise, relève au mieux d’une lecture biaisée, au pire d’une méconnaissance flagrante de la réalité actuelle.
Car les faits, eux, sont têtus.
Le classement FIFA démonte le discours
Selon le dernier classement publié par la FIFA, les Pays-Bas et le Maroc se tiennent… à un point près. Les Oranje occupent la 7e place mondiale (1 757,87), juste devant les Lions de l’Atlas, 8es avec 1 756,80. Un écart infime de 1,07 qui suffit à lui seul à remettre en cause l’argument selon lequel les joueurs choisissant le Maroc seraient “moins bons”.
Si tel était réellement le cas, comment expliquer une telle proximité au sommet du football mondial ?
Comment justifier qu’une sélection composée, selon ses propos, de joueurs “pas assez bons” rivalise directement avec l’élite européenne ?
Un Maroc installé parmi les grandes nations
La réalité, c’est que le Maroc ne doit rien au hasard. Top 10 mondial, première nation africaine, performances constantes depuis plusieurs années : les Lions de l’Atlas se sont installés durablement parmi les meilleures sélections.
Ce positionnement n’est pas le fruit d’une génération isolée, mais d’un projet structuré, d’une progression continue et d’un vivier de talents de plus en plus riche, dont une bonne partie issue de la diaspora.
Le mythe de la hiérarchie automatique
Le raisonnement de Van der Vaart repose sur une idée implicite : la hiérarchie entre sélections serait figée, avec les Pays-Bas naturellement au-dessus du Maroc.
Or, le football moderne a profondément changé et il suffit de demander à la Squadra Azzura ce qu’elle en pense, elle qui a soulevé à 4 reprises la Coupe du Monde, à une époque révolue…
Aujourd’hui, le choix d’une sélection ne dépend plus uniquement d’un “niveau supérieur”, mais d’un projet sportif, d’un rôle proposé, d’une identité et d’une vision.
Et sur ces aspects, le Maroc rivalise, voire surpasse, certaines grandes nations européennes comme la Belgique et les Pays-Bas.
Réduire les choix des joueurs binationaux à un simple “repli” vers le Maroc est une simplification grossière. Des joueurs comme Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui ou encore Hakim Ziyech n’ont pas choisi par défaut. Ils ont choisi un projet, une identité, une sélection capable de performer au plus haut niveau. Et les résultats leur donnent raison si l’on se réfère au Mondial Qatar 2022 où le Maroc a terminé 4ème de la compétition alors que les Pays-Bas ont été éliminés au stade des 1/4 de finale
En réalité, les propos de Van der Vaart semblent surtout en décalage avec l’évolution du football international. Le Maroc n’est plus un outsider. C’est une nation installée dans l’élite, capable de rivaliser avec les meilleures, y compris les Pays-Bas.
Le classement FIFA ne fait que confirmer ce que le terrain montre déjà depuis plusieurs années.
































